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Exposition nationale « 60 ans de peinture au Maroc

Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’exposition nationale « 60 ans de peinture au Maroc » retrace six décennies de création picturale et met en lumière l’évolution de la peinture marocaine, sa richesse esthétique, la diversité de ses expressions et le dynamisme de ses générations successives. Elle réunit des œuvres d’artistes pionniers et des productions d’artistes contemporains, révélant continuités, ruptures et métamorphoses d’un champ esthétique en constante réinvention.

Cette manifestation rend hommage aux artistes ayant contribué à forger la mémoire artistique nationale, tout en soulignant le rôle central des arts plastiques dans le développement culturel et le rayonnement du Maroc, tant à l’échelle nationale qu’internationale.

À Rabat, l’exposition se déploie dans quatre lieux emblématiques : la Galerie nationale Bab Rouah, la Villa des Arts – Fondation Al Mada, le Musée Bank Al-Maghrib et Bab El Kébir des Oudayas.

Dans ce cadre, Galerie Dar D’Art a le plaisir de présenter les artistes :
Abdelkader Melehi – Abderrafie Gueddali – Aziz Benja – Aziz Sayed – Bachir Demnati – Hassan Echair – Hind Lahrichi – Itaf Benjelloun – Khadija Tnana – Lamia Miriam Skiredj – Mahi Binebine – Mohamed Anzaoui – Mustapha Belkadi – Narjiss El Joubari – Rahima El Aroud – Said Hbicha – Saoussan Melehi – Sidi Mohamed Mansouri Idrissi – Zakaria Ramhani

À propos des artistes

Abdelkader Melehi (1966): 

Né en 1966 à Assilah, Abdelkader Melehi vit et travaille entre Assilah et Tanger. Formé à l’École des Beaux-Arts de Tétouan puis à l’École nationale des Beaux-Arts d’Angoulême en France, il fréquente l’expérience artistique du Moussem d’Assilah depuis sa fondation et expose à partir de 1987 au Maroc et à l’étranger.
Sa démarche artistique s’articule autour d’une iconographie inhabituelle, marquée par ces enjambées naguère majestueuses, embrasées tantôt dans l’ocre, tantôt dans des tons au gré de l’humeur. Il lâche la bride à son imaginaire, explorant les notions de mouvement et de stase, donnant naissance à des œuvres d’une étonnante complexité, nourries par une passion pour l’essence humaine, les sensations et les interrogations à la limite de l’ineffable, dessinant une réalité autre, un univers à part.

Abderrafie Gueddali (1954):

Né à Larache en 1954, Abderrafie Gueddali est artiste plasticien et ancien professeur de l’histoire de l’art et des arts plastiques au CPR de Tanger, section Arts plastiques. Installé à Tanger depuis 1968, il développe une pratique nourrie par la réflexion et la recherche.
Artiste penseur et plasticien-chercheur, affranchi de l’académisme et en rupture avec le conformisme, il forge sa propre vision de l’art. Cette liberté, chère à l’esprit d’avant-garde, lui permet d’affirmer sa singularité et d’établir ses propres critères esthétiques.
Au cœur de sa démarche, l’esthétique de la reconversion repose sur la transformation d’objets issus du quotidien, déplacés de leur fonction initiale pour acquérir une nouvelle identité plastique, symbolique, intellectuelle et poétique.

Aziz Benja (1974):

Né à Erfoud en 1974, Aziz Benja vit et travaille à Tétouan. Sa pratique artistique se distingue par une approche éclectique, fondée sur la diversité des styles et des techniques. Refusant toute assignation esthétique, il revendique une mobilité constante, investissant différents formats et procédés picturaux selon les situations, les espaces et son vécu personnel.
Guidé par une exigence esthétique, il laisse les éléments plastiques se manifester au-delà du discours. La peinture devient une pensée silencieuse, un langage de l’indicible, où l’œuvre cherche à impacter directement le regardeur comme une présence qui persiste dans la mémoire.

Aziz Sayed (1946):

Aziz Sayed, artiste plasticien marocain né en 1946, est formé à l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie en Pologne, section scénographie, où il obtient le diplôme de Magister des Arts. À son retour au Maroc, il rejoint la Radiodiffusion Télévision Marocaine en 1974 en tant que décorateur.
Sa peinture met en scène des figures en mouvement, des corps lancés dans des envolées ou des luttes, inscrits dans une tension entre sentiments contrastants. Elle se distingue par une manière originale de rendre visible la narration imaginaire, portée par une maîtrise technique et une esthétique fine et puissante.
À travers motifs, images, coups de couleurs et dynamisme graphique des lignes et des traits, Aziz Sayed explore le tournoiement du corps, cherchant la transparence dans l’opacité et la légèreté dans la densité de la matière, donnant expression formelle aux blessures de l’être.

Bachir Demnati (1946):

Natif de Tanger, Bachir Demnati est architecte de formation, diplômé de l’École nationale supérieure d’architecture et des arts visuels La Cambre à Bruxelles. Très tôt attiré par l’art, il développe parallèlement à son activité d’architecte-décorateur une recherche plastique nourrie, explorant le dessin, la peinture acrylique et le collage.
Figure de la nouvelle vague des années 70, Bachir Demnati est reconnu pour son abstraction géométrique, la maîtrise de la composition des couleurs et des jeux de lumière. Son travail s’appuie sur le trait géométrique et l’équilibre dynamique, affirmant un style personnel.
Après une longue période de retrait, il renoue avec la création, poursuivant une œuvre marquée par une inventivité renouvelée, fidèle à son engagement pour l’abstraction géométrique et à une énergie créative intacte.

Hassan Echair (1964):

Né à Rommani en 1964, Hassan Echair est artiste plasticien marocain. Formé aux Beaux-Arts au Maroc puis en France, à Amiens et à Angers, il vit et travaille à Tétouan, où il enseigne à l’Institut National des Beaux-Arts.
Multipliant les supports et médiums, dessin, sculpture, installation, Hassan Echair engage une méditation fine et subtile sur la matière, le temps, la fragilité, la mémoire et les traces. Son travail s’inscrit dans une économie de moyens, un minimalisme délicat et fragile.
À travers ses installations, il transporte le regardeur dans la poétique du patrimoine vernaculaire. Des matériaux communs et sobres, bois, pieux, cordes, pierres, sont transmués en poèmes visuels, interrogeant la rencontre d’éléments antagonistes, la trace, l’énergie latente, la transparence, l’identité et la mesure du temps.

Hind Lahrichi (1955):

Hind Lahrichi explore la lumière comme une expérience intime et sensible. Formée à la Barcelona Academy of Art, son œuvre est profondément marquée par ses navigations et par sa traversée de l’Atlantique, moment décisif qui transforme son regard et son rapport à la peinture.
Son style puise dans l’occultisme éphémère du crépuscule maritime, lorsque la lumière décline et révèle la profondeur sensible du paysage. Mer, ciel et horizon se fondent dans un même souffle chromatique, porté par la technique du dilué et des voiles translucides.
Ses œuvres invitent à la contemplation et au voyage intérieur, révélant une esthétique du bouleversement et de la lumière ultime, là où le monde hésite entre flamboyance et effacement.

Itaf Benjelloun (1963):

Itaf Benjelloun (1963) est née à Ksar El Kébir et vit et travaille à Tanger. Après des études d’architecture à Toulouse et de littérature à Rabat, elle s’impose comme architecte d’intérieur et décoratrice de cinéma, tout en développant parallèlement une œuvre sculpturale qu’elle expose depuis 1997.
Sa démarche artistique repose sur le façonnage de matériaux récupérés afin d’en révéler la trace, la mémoire et la beauté cachée. Bois, métal, plâtre ou tissu deviennent des témoins du temps et de l’expérience humaine.
Chaque œuvre naît d’un geste précis, porté par une réflexion sur la fragilité et la permanence des choses. La matière se transforme en langage poétique, offrant une lecture sensible du réel, à la fois ancrée dans la mémoire et tournée vers la possibilité du renouveau.

Khadija Tnana (1945):

Khadija Tnana (1945) est née à Tétouan. Après un parcours universitaire et politique, marqué notamment par sa fonction d’adjointe au maire de Fès chargée de la culture entre 1983 et 1992, elle quitte la scène politique en 1993 pour se consacrer pleinement à la création artistique.
Le corps constitue le thème central et récurrent de son œuvre. Sa peinture explore la forme humaine à travers des figures féminines graciles et effilées, dressées dans une posture de résistance, où la nudité devient un acte de refus face à la soumission et à la domination patriarcale.
Oscillant entre figuration et semi-abstraction, Khadija Tnana développe une expression mêlant engagement, sensualité et humanité. À travers des techniques mixtes, acrylique, sable, terre, encre et marc de café, elle crée des textures denses et vivantes, puisant dans la mémoire collective et les réalités sociales, entre héritage et renaissance, entre douleur et liberté retrouvée.

Lamia Miriam Skiredj (1968):

Née à San Antonio (Texas), Lamia Miriam Skiredj grandit à Rabat et s’initie très tôt à la peinture. Formée à la Paris American Academy et au Moore College of Art & Design de Philadelphie, elle obtient un diplôme en architecture d’intérieur avant de se consacrer pleinement à la peinture, sa vocation première.
Ses œuvres explorent un univers végétal, organique et foisonnant, né d’une interrogation sur la relation entre l’Homme et la nature dans un monde de plus en plus virtuel et artificiel. Le végétal y est engagé tel un corps, invitant à une immersion dans un monde dense et imaginaire.
À travers la couleur, la forme et récemment la broderie, son travail conduit à une reconnexion entre le monde humain et le monde végétal, laissant à chacun la liberté de questionner et de rêver son propre imaginaire.

Mahi Binebine (1959):

Mahi Binebine (1959) est peintre, sculpteur et écrivain marocain, né à Marrakech. Il part à Paris en 1980 pour des études en mathématiques, qu’il enseigne pendant huit ans avant de se consacrer à l’écriture et à la peinture. Auteur de plusieurs romans traduits en de nombreuses langues, il vit et travaille aujourd’hui à Marrakech.
Son œuvre picturale, centrée sur la figure humaine, évoque la violence, les tensions du monde oriental et occidental et la situation tragique des êtres humains. Peintre majeur de sa génération, Mahi Binebine explore sans cesse la question de l’humanité et des conditions extrêmes.
Ses personnages, réduits à des silhouettes et à des corps qui s’enlacent et s’entrechoquent, enfermés mais insoumis, habitent un monde menaçant et troublant. D’une grande beauté plastique, son œuvre oscille entre solitude et désespoir, mais aussi harmonie et joie.

Mohamed Anzaoui (1964):

Mohamed Anzaoui (1964) est né à Asilah, où il est initié très tôt à la peinture dans les ateliers pour enfants du Moussem culturel d’Asilah. En 2001, un séjour à la Cité internationale des arts à Paris marque un tournant dans sa vie professionnelle.
Son œuvre reflète une profonde sensibilité à la lumière et à la couleur. À travers la peinture, Mohamed Anzaoui explore les émotions humaines et les paysages de son pays natal, développant une harmonie subtile entre réalisme et abstraction, offrant une vision poétique du quotidien.
Inspiré par la culture marocaine, il mêle traditions visuelles locales et approche contemporaine et libre. Utilisant des techniques variées, mariant acrylique et pigments naturels, chaque œuvre raconte une histoire, un fragment de mémoire ou une sensation fugace, portée par une richesse chromatique et une profondeur expressive, invitant à un voyage intérieur et sensoriel.

Mustapha Belkadi (1959):

Mustapha Belkadi est né à Tétouan en 1959. Après un baccalauréat en arts plastiques, il poursuit une formation pédagogique au Centre pédagogique de Tanger dont il sort diplômé en 1982. Après avoir enseigné les matières artistiques, il quitte l’enseignement en 1989 pour se consacrer entièrement à son travail, tout en développant des projets de conception graphique et des ateliers destinés aux enfants. Il expose au Maroc et à l’étranger.
Imprégné par le quotidien et ses contradictions, il transcrit sur la toile des scènes de vie où se mêlent force, tendresse, rage et revendications. Guidé par l’intuition, il peint avec le cœur, cherchant à traduire un ressenti et une émotion sincère face au monde, dans une poétique du quotidien marocain. La figure humaine occupe une place essentielle, et la femme devient symbole de force tranquille, de douceur et de vérité.

Narjiss El Joubari (1980):

Née à Assilah en 1980, Narjiss El Joubari grandit au rythme du Moussem culturel de sa ville natale. Très tôt, elle découvre les pinceaux et les couleurs et développe une vocation artistique. Formée à l’Institut des Beaux-Arts de Tétouan, elle perfectionne sa technique tout en conservant la spontanéité et la liberté du geste. Artiste plasticienne, elle vit et travaille à Casablanca.
Pour Narjiss, la peinture est un désir profond et viscéral, lié à une quête d’identité et d’existence. Son univers, empreint de douceur et de mélancolie, se construit autour du ciel gris, des teintes sobres et du nuage, symbole d’impermanence. Ses œuvres récentes, structurées par des lignes et des blocs, conservent une légèreté grâce à un jeu subtil d’ombres et de lumières, privilégiant la suggestion à la description.

Rahima El Arroud (1980):

Née en 1980 à Tanger, Rahima El Arroud est diplômée de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, où elle enseigne aujourd’hui. Elle vit et travaille entre Tanger et Tétouan, et expose au Maroc et à l’étranger. Ses œuvres sont riches en couleurs et marquées par des motifs floraux et une nature foisonnante. Sa peinture évolue entre figuration et abstraction, développant un univers sensible nourri par les paysages qui l’entourent. La ligne, tantôt légère, tantôt affirmée, et les couleurs généreuses donnent naissance à des formes végétales qui deviennent une métaphore de la vie et du fleurissement, invitant à la contemplation.

Saïd Hbicha (1964):

Né en 1964 à Ksar El Kbir, Saïd Hbicha étudie les arts plastiques à Tanger en 1982, puis à la Faculté des Arts d’Amiens en 1985. De retour au Maroc en 1987, il suit un cours spécial d’enseignant d’arts plastiques au Centre d’Éducation Régional de Tanger.
Dans le respect des règles du réalisme classique, il restitue avec bonheur les couleurs et l’atmosphère chaleureuse des souks, des ruelles ombragées et des portes anciennes, scènes familières révélant la beauté envoûtante du Maroc et la richesse de son répertoire esthétique. Avec spontanéité et maîtrise, il dépasse l’anecdotique pour une expression plastique originale, jonction entre passé et présent.

Saoussan Melehi:

Née à Asilah, Saoussan Melehi est artiste peintre, lauréate de l’Institut national des Beaux-Arts de Tétouan, Filière Art 2012. Elle vit et travaille entre Tanger et Asilah. Formée aux arts plastiques, elle explore depuis plus de 13 ans un langage personnel mêlant peinture, installation et arts textiles, privilégiant des matériaux organiques et sensibles recyclés comme le papier et la laine, que l’on retrouve autour de fils de fer de récupération pour accentuer les mises en relief.
Son œuvre aborde avec justesse et émotion des thématiques actuelles telles que l’environnement, la féminité, la mémoire collective, la dépossession des ressources et les mutations du monde contemporain. Le cercle et le carré traduisent une recherche d’harmonie, de structure et d’universalité, portée par des couleurs franches et monochromes posées en aplats.

Sidi Mohamed Mansouri Idrissi (1962):

Sidi Mohamed Mansouri Idrissi est artiste plasticien et chercheur marocain. Président du Syndicat Marocain des Artistes Plasticiens Professionnels, président fondateur de l’Association La Pensée Plastique à Rabat et membre du conseil d’administration de la Coalition Marocaine de la Culture et des Arts, il a également été président délégué de l’Académie Européenne des Arts – Bruxelles, Comité du Maroc.
Son œuvre appartient à un champ pictural où la couleur domine. Dans sa peinture, la couleur se libère, s’exalte, s’impose et devient langage. La toile devient un espace d’expérience construit à partir de vibrations et de rythmes, donnant forme à une dynamique intérieure. Chaque œuvre traduit une équation entre la couleur et l’esprit, ouvrant un espace de contemplation où la couleur devient l’expression la plus haute de l’être et de l’existence.

Zakaria Ramhani (1983):

Né à Tanger en 1983, Zakaria Ramhani découvre la peinture dès l’enfance dans l’atelier de son père. Diplômé d’enseignement en arts plastiques, il choisit rapidement de se consacrer entièrement à la création. Il vit et travaille entre Tanger et Montréal.
Son travail développe un langage visuel singulier où le geste d’écriture devient un élément essentiel de construction du visage et du corps. Les lettres, détournées de leur fonction initiale, structurent la forme et la texture, abolissant toute frontière entre signe et dessin. Chaque toile se lit autant qu’elle se regarde : à travers des traits calligraphiques, Zakaria Ramhani transforme le texte en forme peinte, créant un dialogue entre langage et image, entre visibilité et lecture.